France : 75 milliards d’euros pour des data centers IA investis par SoftBank

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Vue au crépuscule d’un vaste campus de data centers en France avec le logo de SoftBank sur un bâtiment, symbolisant un investissement massif dans l’infrastructure d’intelligence artificielle.
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Le 31 mai 2026, le géant japonais SoftBank a annoncé un plan d’investissement atteignant 75 milliards d’euros pour bâtir en France une constellation de centres de données dédiés à l’intelligence artificielle. Une enveloppe inédite, pensée pour déployer 5 gigawatts de puissance de calcul sur une décennie. De quoi bousculer le paysage technologique du pays. Dans la foulée, le gouvernement a salué un projet qui hisse l’Hexagone au rang de plateforme privilégiée du Vieux Continent face à la déferlante de l’IA générative.


À retenir

  • Jusqu’à 75 milliards d’euros seront injectés par SoftBank d’ici 2035.
  • L’objectif : 5 GW de capacité de calcul supplémentaires, l’équivalent de quatre à cinq réacteurs nucléaires.
  • Le premier centre devrait être opérationnel en 2028, selon TechCrunch.
  • Plus de 10 000 emplois qualifiés pourraient voir le jour dans la tech française.
  • Le projet repose sur un mix électrique 100 % décarboné, promet SoftBank.

Ce coup d’accélérateur survient alors que la France cherche à concrétiser sa stratégie Choose France par une implantation industrielle massive, capable d’entraîner tout un écosystème. Pour Masayoshi Son, le PDG du groupe, il ne s’agit pas seulement d’aligner des serveurs, mais de poser les fondations de la super intelligence artificielle, cette IA qui dépasserait les capacités humaines d’ici la fin de la décennie. L’enjeu est autant économique qu’énergétique.

Un choc d’attractivité pour l’ASI

L’ampleur du chèque signé par SoftBank redessine la carte européenne des infrastructures de calcul intensif. Les 75 milliards d’euros annoncés dépassent la plupart des plans nationaux de soutien à la tech. Il place la France devant l’Allemagne et le Royaume-Uni dans la course aux « AI factories ».

Vue aérienne d’un parc de data centers ultramoderne en France, avec en arrière-plan une ville et un bâtiment portant le logo SoftBank, illustrant l’attractivité du pays pour les investissements IA.
Les futurs centres de données de SoftBank doivent redessiner la carte européenne des infrastructures de calcul intensif.

Un record industriel aux retombées concrètes

Au-delà du symbole, le déploiement de 5 GW de capacité devrait générer plus de 10 000 emplois directs et indirects sur dix ans, selon des estimations reprises par TechCrunch. Les territoires qui accueilleront ces mastodontes, probablement au plus près de nœuds électriques robustes, attendent un effet d’entraînement sur les filières du génie civil, du refroidissement liquide et de la maintenance de haut niveau.
Le communiqué officiel du groupe nippon insiste sur une montée en charge progressive, les premières livraisons de puissance étant attendues pour 2028. La France, classée première destination européenne pour les investissements technologiques directs depuis 2024, confirme son statut.

Des puces Arm au service de la souveraineté

SoftBank compte s’appuyer sur sa filiale Arm, dont il détient environ 90 % du capital, pour concevoir des centres de données optimisés dès la couche matérielle. L’architecture des futurs sites privilégiera des accélérateurs de calcul de dernière génération, capables d’entraîner les modèles d’IA les plus voraces.
Masayoshi Son y voit un moyen de renforcer la souveraineté de l’Europe.

Nous construisons ici le socle de l’intelligence artificielle super, dans un cadre réglementaire qui protège les données et stimule l’innovation.
Propos rapportés dans le communiqué du 31 mai.

L’accès à cette puissance de calcul pourrait être ouvert, sous conditions, aux laboratoires de recherche français.

Le défi électrique des 5 gigawatts

Si l’ambition technologique fait rêver, son empreinte énergétique soulève une question immédiate : comment le réseau français absorbera-t-il un tel surcroît de consommation ? La réponse est au cœur des tractations entre SoftBank, le gestionnaire RTE et les pouvoirs publics.

Un grand centre de données avec ses installations de refroidissement au premier plan, relié par des lignes haute tension à une centrale nucléaire française en arrière-plan, symbolisant le défi électrique des 5 gigawatts supplémentaires.
L’augmentation de la puissance de calcul envisagée par SoftBank impose une adaptation majeure du réseau électrique français.

Un appétit comparable à quatre EPR

À titre de référence, 5 GW représentent la production continue d’environ quatre à cinq réacteurs nucléaires de type EPR. Une charge qui, sans anticipation, pourrait fragiliser l’équilibre du réseau lors des pointes hivernales. Pour y répondre, SoftBank s’engage à financer des capacités renouvelables adossées à ses sites, via des contrats d’achat long terme (PPA).
Des discussions sont également en cours pour sécuriser une partie de l’approvisionnement sur le parc nucléaire historique, garantissant une charge de base stable. Le groupe promet un mix 100 % décarboné, indispensable à l’acceptation du projet.

Refroidissement et acceptabilité locale

La gestion thermique constitue le second verrou. Les centres de données prévus produiront une chaleur fatale colossale. SoftBank explore des solutions de refroidissement liquide avancées, capables de réduire de 30 % la consommation dédiée à la climatisation. Plusieurs municipalités poussent d’ailleurs pour que cette chaleur alimente des réseaux urbains, transformant une contrainte en atout.

Nous ne pourrons pas nous implanter sans un bénéfice direct pour les citoyens.
Précise un négociateur proche du dossier.

L’implantation exacte des futurs sites dépendra autant de la robustesse du réseau que de l’adhésion des élus locaux.

Un pari français sous conditions

L’euphorie affichée par Bercy n’occulte pas les zones d’ombre. Concentrer 5 GW de puissance critique entre les mains d’un seul acteur étranger pose la question de la dépendance capitalistique. Le ministère de l’Économie assure que des garanties de souveraineté sur les données hébergées ont été négociées, mais les détails restent confidentiels.
Malgré les promesses de décarbonation, l’empreinte matérielle des fermes de calcul, entre terres rares, béton et eau, devra être documentée en toute transparence. Les ONG environnementales promettent un examen minutieux des études d’impact à venir.

La première pierre est loin d’être posée, mais le signal envoyé par SoftBank a déjà changé l’équation. Reste à transformer l’essai énergétique et social pour que le « hub européen de l’IA » ne reste pas une promesse sur le papier.


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