Cerebras Systems a déposé, le 4 mai 2026, une version amendée de son formulaire S-1/A pour une introduction en Bourse visant le Nasdaq Global Select Market sous le symbole CBRS et une valorisation de 26,6 milliards de dollars, soit environ 22,9 milliards d’euros. L’opération s’appuie sur un contrat d’infrastructure de plus de 20 milliards de dollars signé avec OpenAI pour l’inférence d’IA et intervient après la hausse des revenus en 2025. Elle place l’entreprise parmi les acteurs majeurs des puces d’intelligence artificielle.
À retenir
- IPO : vente de 28 millions d’actions entre 115 et 125 dollars, pour une valorisation de 26,6 milliards de dollars et une levée d’environ 3,5 milliards de dollars.
- Contrat OpenAI : engagement supérieur à 20 milliards de dollars jusqu’en 2028 pour 750 MW de capacité d’inférence d’IA, complété par un prêt de 1 milliard et des bons de souscription permettant d’aller jusqu’à 10 % du capital.
- Technologie : Wafer-Scale Engine (WSE-3) de 46 225 mm², fabriqué par TSMC en 5 nm, avec 4 billions de transistors, 900 000 cœurs d’IA et 44 Go de SRAM pour 21 pétaoctets par seconde.
- Performances : jusqu’à 21 fois plus que le système Nvidia Blackwell B200 pour l’inférence de modèles de langage, avec une consommation et une complexité logicielle réduites.
- Finances 2025 : chiffre d’affaires de 510 millions de dollars (+76 %) et bénéfice net GAAP de 87,9 millions, malgré une perte d’exploitation de 145,9 millions hors ajustements comptables.
- Exposition client : 86 % des revenus 2025 issus de deux entités des Émirats arabes unis, G42 et MBZUAI ; carnet de commandes de 24,6 milliards de dollars porté surtout par OpenAI.
- Contexte réglementaire : approbation du CFIUS en mars 2026 après un examen lié aux liens avec G42.
Cerebras Systems prépare une introduction en Bourse record à 26,6 milliards de dollars
Le fabricant spécialisé dans les puces pour l’intelligence artificielle a franchi une nouvelle étape le 4 mai 2026. Cette opération intervient dans un contexte de forte demande pour des infrastructures de calcul optimisées.
Les modalités précises de l’offre publique initiale
Cerebras vise la vente de 28 millions d’actions ordinaires de classe A à un prix compris entre 115 et 125 dollars l’unité. L’opération doit permettre de lever environ 3,5 milliards de dollars, soit environ 3 milliards d’euros, tout en atteignant une valorisation de 26,6 milliards de dollars. La précédente levée de fonds privée réalisée en février 2026 plaçait déjà la société à 23 milliards de dollars. Ces chiffres montrent l’appétit du marché pour les solutions d’IA spécialisées plutôt que génériques.

Le rôle des grands établissements financiers
Morgan Stanley, Citigroup, Barclays et UBS Investment Bank pilotent l’opération sur le Nasdaq Global Select Market. Ces banques accompagnent régulièrement les groupes technologiques lors de leurs premières cotations. Leur présence renforce la crédibilité du dossier auprès des investisseurs institutionnels européens et américains.
Un contrat d’infrastructure de plus de 20 milliards de dollars scelle le lien avec OpenAI
En 2026, la relation entre les deux entreprises s’est renforcée. Ce partenariat donne à Cerebras de la visibilité pour planifier ses investissements industriels.
Une capacité d’inférence d’IA à grande échelle
OpenAI a porté son engagement au-delà de 20 milliards de dollars jusqu’en 2028. Le contrat prévoit le déploiement de 750 mégawatts de puissance de calcul pour l’inférence d’IA, c’est-à-dire la phase où les modèles sont servis aux utilisateurs finaux. Cette orientation diffère des besoins d’entraînement et exige une architecture capable de maintenir une latence très faible.

Un prêt et des bons de souscription pour sécuriser l’expansion
En complément, OpenAI a accordé un prêt de 1 milliard de dollars destiné à la construction de nouveaux centres de données. Des bons de souscription (warrants) lui permettent d’acquérir jusqu’à 10 % du capital, soit environ 33,4 millions d’actions, en fonction de la consommation future. Ces droits pourraient s’étendre jusqu’à 2 gigawatts de capacité d’ici 2030 et alignent les intérêts des deux groupes sur le long terme.
Le Wafer-Scale Engine (WSE-3) réduit le mur de la mémoire face à Nvidia
Cerebras propose une architecture radicalement différente des puces conventionnelles. Cette conception explique en partie les gains de performance annoncés.
Les caractéristiques techniques du processeur
Le Wafer-Scale Engine (WSE-3) occupe une surface de 46 225 mm², soit la taille d’une assiette entière de silicium plutôt que celle de milliers de puces interconnectées. Fabriqué par TSMC sur un procédé de 5 nm, il intègre 4 billions de transistors et 900 000 cœurs d’IA sur un seul composant. Cette intégration monolithique réduit les pertes de signal et la consommation énergétique.
La résolution du mur de la mémoire (Memory Wall)
Le WSE-3 conserve 44 Go de SRAM directement sur la puce et offre une bande passante de 21 pétaoctets par seconde. Cette approche réduit en grande partie le mur de la mémoire, ce goulot d’étranglement qui ralentit les calculs lorsque les données passent par une mémoire externe. Le système CS-3 atteint ainsi des performances jusqu’à 21 fois supérieures à celles du DGX B200 de Nvidia, basé sur l’architecture Blackwell, tout en simplifiant la programmation logicielle.
Croissance solide des revenus mais concentration élevée des clients
Les résultats financiers de 2025 montrent une trajectoire ascendante, même si des points de vigilance demeurent.
Envolée du chiffre d’affaires et profitabilité comptable
Cerebras a réalisé un chiffre d’affaires de 510 millions de dollars en 2025, en hausse de 76 % par rapport aux 290,3 millions de 2024. Un bénéfice net GAAP de 87,9 millions de dollars a été enregistré, contre une perte de 485 millions l’année précédente. Ce résultat tient en grande partie à un ajustement comptable hors trésorerie de 363 millions de dollars. Sans cet élément, la perte d’exploitation atteint 145,9 millions. Le carnet de commandes totalise 24,6 milliards de dollars, largement alimenté par l’accord avec OpenAI.
La dépendance aux clients des Émirats et l’aval réglementaire
En 2025, 86 % des revenus provenaient de deux entités basées aux Émirats arabes unis : G42 et l’université MBZUAI. Cette concentration constituait un risque identifié. En octobre 2025, un premier projet d’IPO avait été retiré après l’examen du CFIUS, en raison de liens historiques avec Huawei. En mars 2026, Cerebras a indiqué que ces préoccupations de sécurité nationale étaient levées, ce qui a permis le dépôt actuel. G42 conserve toutefois une influence importante dans la structure du capital.

















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