Avec Microduck Hugging Face lance un robot à 340 euros pour apprendre la robotique

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Le robot bipède Microduck posé sur un bureau d’étudiant à côté d’un ordinateur portable et de composants électroniques, utilisé pour apprendre la robotique et l’IA.
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Il mesure 25 centimètres, pèse moins de 800 grammes et ressemble à un canard. Dévoilé le 27 août 2026 par Hugging Face et sa filiale bordelaise Pollen Robotics, Microduck est proposé en précommande à 399 dollars, soit environ 339 euros hors taxes, pour des livraisons prévues avant Noël en Europe et en Amérique du Nord.


À retenir

  • Un robot bipède de 25 cm et moins de 800 grammes vendu 399 dollars, environ 339 euros, en précommande depuis le 27 août 2026.
  • Conçu à Bordeaux par Pollen Robotics, rachetée par Hugging Face en avril 2025, avec livraisons avant Noël 2026 en Europe et Amérique du Nord.
  • Plateforme d’apprentissage par renforcement avec simulateur MuJoCo, boucle d’inférence à 50 Hz et sept politiques motrices pré-entraînées.
  • Logiciel sous licence Apache 2.0, mais matériel restant propriétaire et non open source.
  • Objectif commercial de 50 000 unités vendues pour 20 millions de dollars de chiffre d’affaires.

En misant sur un bipède miniature à prix cassé, Hugging Face veut rendre l’IA incarnée accessible aux étudiants et développeurs. L’approche est économique et pratique : elle fait sortir l’apprentissage par renforcement du simulateur pour l’amener dans le salon.

Un jouet sérieux pensé pour tomber sans se casser

Microduck ne cherche pas à impressionner par sa taille. Il est conçu pour les expérimentations quotidiennes, y compris quand elles se terminent par une chute.

De l’interaction à l’action physique

Microduck succède à Reachy Mini, le robot de bureau de Pollen Robotics écoulé à plus de 10 000 exemplaires selon l’entreprise. Ce dernier explorait la voix et l’expressivité faciale. Le nouveau modèle passe de l’IA qui dialogue à l’IA qui se déplace et manipule. La locomotion bipède reste l’un des problèmes les plus difficiles de la robotique. Pollen Robotics l’aborde avec un format qui encaisse l’échec. L’idée est simple : autoriser des milliers de chutes sans facture de réparation.

Le design en canard ne relève pas seulement du marketing. La démarche chaloupée, le cou articulé et le bec préhenseur répondent à des contraintes d’équilibre. Sans bras, le robot ramasse des objets au sol avec son bec. Les quatre coloris, Cream, Graphite, Lavender et Sky, facilitent l’identification lorsque plusieurs unités évoluent ensemble. Chaque exemplaire reçoit aussi une signature vocale unique, attribuée au premier allumage.

Prise en main immédiate, sans prérequis en code

Le robot est livré prêt à marcher. Une manette de jeu sans fil est incluse pour le pilotage direct dès la sortie du carton. Sept comportements pré-entraînés sont déjà embarqués : marche dynamique, position assise, relevage autonome après chute ventrale ou dorsale, ramassage au sol, coup de pied et même déplacement sur patins à roulettes optionnels. L’autonomie annoncée est d’environ une heure grâce à une batterie amovible NP-F550 de 2 600 mAh, le même format que celui des caméras vidéo. L’utilisateur peut donc enchaîner les batteries sans dépendre d’une station propriétaire.

Le robot Microduck en forme de canard bipède marche puis se relève après une chute sur un tapis de salon, piloté par une manette de jeu sans fil.
Pensé pour encaisser des milliers de chutes, Microduck fait du salon un terrain d’expérimentation pour la locomotion bipède.

Sous la coque, une plateforme d’IA embarquée complète

Malgré son gabarit réduit, l’engin réunit capteurs et calcul local pour fonctionner sans dépendre du cloud.

Capteurs et calcul embarqué

Microduck mesure 25 cm de haut pour 14 cm de large et intègre 15 degrés de liberté motorisés répartis entre pattes, cou, tête et bec. Le calcul est confié à un système sur puce Rockchip RK3566 avec accélérateur d’IA, épaulé par 1 Go de RAM et 32 Go de stockage. L’ensemble exécute les politiques motrices en local. Pour percevoir son environnement, il combine une caméra frontale avec témoin lumineux au style rétro, un télémètre LiDAR Time-of-Flight à matrice 8×8, deux unités de mesure inertielle, une dans le corps et une dans la tête, ainsi que deux antennes NFC logées dans la tête et le bec. Ces dernières déclenchent des actions au contact de balises.

Le robot réagit aussi à un pointeur laser, qu’il suit comme une cible mobile. Des microphones et un haut-parleur complètent l’équipement pour des interactions sonores. L’architecture reste frugale. Le choix d’une puce milieu de gamme et d’une mémoire limitée oblige à optimiser les modèles : c’est précisément l’exercice pédagogique visé.

Du simulateur à la réalité en boucle à 50 Hz

Le projet repose d’abord sur le logiciel. Pollen Robotics fournit un environnement complet sous licence Apache 2.0 : SDK Python, environnements de simulation et scripts d’apprentissage par renforcement. L’entraînement s’appuie sur le moteur physique MuJoCo, via mjlab et MuJoCo Warp, pour simuler les articulations avant le déploiement sur le robot réel. Avec cette méthode, dite sim-to-real, les développeurs peuvent itérer sans casser le matériel.

L’utilisateur peut entraîner ses modèles en local ou sur l’infrastructure Hugging Face Jobs avec accélération GPU, puis exporter la politique au format standard ONNX. Le modèle s’exécute ensuite sur la boucle de contrôle embarquée, cadencée à 50 Hz. Le flux est documenté de bout en bout afin de reproduire les expériences. L’argument pédagogique tient là : passer d’un algorithme virtuel à un comportement physique en quelques heures.

Le pari industriel d’une robotique ouverte à grande échelle

Avec ce bipède à moins de 400 dollars, Hugging Face change d’échelle et vise le grand public des makers.

Plusieurs robots Microduck alignés sur un établi dans un atelier de robotique, avec des ingénieurs qui vérifient les unités avant expédition.
La production en série vise des dizaines de milliers d’unités : Hugging Face parie sur un robot accessible aux makers.

Une offensive dans l’écosystème LeRobot

Le lancement prolonge la stratégie amorcée en 2024 avec la bibliothèque LeRobot, puis renforcée par l’acquisition en avril 2025 de Pollen Robotics. Après le bras à bas coût SO-101 et les humanoïdes Reachy 2 et HopeJR, le groupe ajoute un produit d’appel grand public à sa gamme. La fabrication est assurée avec le spécialiste Seeed Studio afin de contenir les coûts. Selon les estimations relayées par Gagadget et TechCrunch, l’objectif serait de vendre 50 000 unités pour environ 17 millions d’euros de chiffre d’affaires. Dès l’ouverture des précommandes, le rythme aurait atteint une commande toutes les quatre secondes, selon Bloomberg Technology.

Le positionnement tranche avec le marché actuel. Les quadrupèdes et humanoïdes de recherche se facturent souvent plusieurs milliers d’euros. En dessous de 340 euros, Microduck vise les laboratoires universitaires, les écoles d’ingénieurs et les développeurs indépendants. Les concepteurs encouragent aussi les usages collectifs : matchs de football, courses et expériences multi-agents où plusieurs canards interagissent. Les données et modèles générés doivent alimenter les dépôts communautaires de Hugging Face.

Contrepoint : un open source à périmètre limité

L’argument open source mérite d’être précisé. Pollen Robotics indique que le logiciel et le firmware, ainsi que les modèles, sont bien sous Apache 2.0, mais que les plans matériels, CAO et mécanique, restent propriétaires. Impossible, donc, d’imprimer ou de modifier librement la structure. Autre limite : l’autonomie d’une heure et le couple 1 Go de RAM / 32 Go de stockage brident les modèles les plus lourds. Enfin, le prix de 399 dollars s’entend hors taxes et port, ce qui portera la facture finale au-dessus de 400 euros pour un acheteur français. Ces restrictions ne retirent rien à l’intérêt pédagogique, mais elles fixent clairement les limites du produit.

Les précommandes sont ouvertes pour l’Amérique du Nord, l’Union européenne et le Royaume-Uni. Il reste à voir si la promesse sim-to-real tient dans la durée et si la communauté fera éclore des comportements vraiment nouveaux. Le canard est lâché.


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