L’Europe exige que Google ouvre Android à d’autres IA que Gemini

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Smartphone Android affichant l’assistant Gemini au premier plan devant le bâtiment de la Commission européenne à Bruxelles, illustrant la pression du DMA sur Google.
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Le 27 avril 2026, la Commission européenne a adressé à Google ses conclusions préliminaires dans le cadre du Digital Markets Act. Elle estime que Gemini bénéficie sur Android d’un avantage technique que n’ont pas ChatGPT, Claude ou Le Chat. L’enjeu est clair : imposer une interopérabilité réelle pour que l’accès au système ne favorise plus un seul assistant.


À retenir

  • Digital Markets Act (DMA) : règlement européen qui oblige les contrôleurs d’accès à autoriser une interopérabilité réelle de leurs services.
  • Notification du 27 avril 2026 : la Commission européenne accuse Google de favoriser Gemini via un accès exclusif aux API système et aux capteurs.
  • IA concernées : ChatGPT (OpenAI), Claude (Anthropic), Le Chat (Mistral) restent bloquées comme de simples applications.
  • Privilèges Gemini : lecture du contenu de l’écran, mots d’activation personnalisés (« Hey Google »), activation par appui long sur le bouton d’alimentation.
  • Exigences du DMA : permettre aux IA tierces d’exécuter des actions complexes et, potentiellement, de partager des données de recherche anonymisées.
  • Échéances : consultation publique jusqu’au 13 mai 2026 ; décision contraignante attendue mi-juillet 2026.
  • Sanctions possibles : amendes jusqu’à 10 % du chiffre d’affaires mondial, 20 % en cas de récidive.

Un ultimatum technique pour restaurer la concurrence sur Android

La Commission européenne utilise la procédure de spécification du Digital Markets Act pour exiger de Google une ouverture concrète de son système d’exploitation. Cette démarche s’inscrit dans une volonté plus large de souveraineté numérique, qui vise à empêcher l’auto-préférence dans les services d’IA embarquée.

Une procédure ouverte depuis janvier 2026, désormais à un tournant

Les travaux ont commencé le 27 janvier 2026, lorsque Bruxelles a lancé la procédure de spécification visant Google. Presque trois mois plus tard, le 27 avril, les conclusions préliminaires ont été formellement notifiées à l’entreprise. Cette étape marque le passage d’une phase d’enquête à une phase quasi contentieuse. La Commission estime que Google ne respecte pas ses obligations d’interopérabilité en maintenant Gemini dans une position privilégiée.

Gros plan sur un smartphone Android posé sur un bureau, avec Gemini au centre de l’écran et les icônes de ChatGPT, Claude et Le Chat reléguées en arrière-plan.
L’intégration profonde de Gemini dans Android crée une asymétrie technique face aux autres assistants IA.

Des parties prenantes invitées à s’exprimer rapidement

Une consultation publique reste ouverte jusqu’au 13 mai 2026. Développeurs d’IA, constructeurs de smartphones, associations de consommateurs et concurrents directs de Google sont invités à faire connaître leur position. Ces contributions alimenteront directement la décision finale prévue pour mi-juillet 2026. Le calendrier serré montre que l’exécutif européen veut agir avant la fin de l’année civile.

Gemini capte le meilleur du système Android au détriment des autres

L’intégration profonde de l’assistant de Google crée une asymétrie technique que les concurrents ne peuvent pas contourner. Sur Android, l’expérience utilisateur reste orientée vers Gemini, quels que soient les réglages des fabricants.

Accès natif aux couches matérielles et logicielles

Google offre à Gemini un accès direct aux API système et aux ressources matérielles du téléphone. L’assistant peut ainsi lire le contexte de l’écran en temps réel et interagir avec les applications installées sans passer par des passerelles artificielles. Les IA rivales, quant à elles, fonctionnent comme des applications classiques, enfermées dans leur bac à sable. Elles ne disposent d’aucune visibilité sur ce qui se passe autour d’elles.

Les raccourcis système et les commandes vocales restent verrouillés

Les utilisateurs peuvent activer Gemini d’un simple appui long sur le bouton d’alimentation ou par un mot d’activation personnalisé, comme « Hey Google ». Ces accès privilégiés sont aujourd’hui inaccessibles à ChatGPT, Claude ou Le Chat. L’effet est immédiat : même sur un téléphone Samsung ou Xiaomi, l’IA de Google reste la plus simple à lancer.

L’Europe réclame une ouverture concrète de l’écosystème

Bruxelles ne se contente pas de critiquer la situation. Elle impose des obligations précises, qui pourraient modifier l’expérience Android à court terme. L’idée est de traiter tous les assistants IA comme des applications équivalentes.

Possibilité d’exécuter des tâches complexes pour le compte de l’utilisateur

L’article 6(7) du DMA oblige Google à autoriser les IA tierces à piloter des applications externes. Concrètement, un assistant concurrent devrait pouvoir commander un repas via une application de livraison ou rédiger puis envoyer un courriel sans quitter le flux principal de l’utilisateur. Cette capacité d’action directe change l’usage d’un assistant vocal ou textuel.

De possibles transferts de données de recherche anonymisées

Sous l’article 6(11) du DMA, des données de recherche anonymisées pourraient être mises à disposition des concurrents. L’objectif est d’améliorer la pertinence des réponses des IA rivales et de réduire l’avantage informationnel de Google. Ce partage de données reste l’un des points les plus sensibles du dossier.

Google argumente la sécurité et l’innovation des constructeurs

Par la voix de sa responsable juridique, Clare Kelly, Google juge l’intervention de l’Union européenne « injustifiée ». L’entreprise estime que l’ouverture forcée des accès système mettrait en danger la protection des données des utilisateurs européens. Elle rappelle aussi que le modèle Android actuel laisse une large marge de manœuvre aux fabricants, comme Samsung ou Xiaomi, pour personnaliser leurs expériences d’IA. Selon Google, ces changements alourdiraient les coûts et freineraient le développement logiciel.

Utilisateur configurant un nouveau smartphone Android avec plusieurs icônes d’assistants IA au choix et un drapeau européen en arrière-plan.
Un éventuel écran de choix pour l’assistant IA pourrait découler des sanctions et remèdes imposés à Google par le DMA.

Des sanctions lourdes et un changement d’usage possible

Le non-respect durable des obligations du DMA expose Google à des sanctions financières élevées. La Commission peut aussi imposer des mesures structurelles déjà utilisées dans d’autres secteurs du numérique.

Des amendes pouvant atteindre 10 % du chiffre d’affaires mondial

En cas de non-conformité, les sanctions commencent à 10 % du chiffre d’affaires mondial annuel de l’entreprise, puis peuvent atteindre 20 % en cas de récidive. Ces montants donnent à la Commission un levier puissant pour obtenir un accord pendant la consultation publique.

L’hypothèse d’un écran de choix pour l’assistant IA

À l’image de ce qui existe pour les navigateurs et les moteurs de recherche, un écran de choix au premier démarrage du téléphone reste une issue plausible. L’utilisateur pourrait alors sélectionner son assistant IA par défaut, qui disposerait des mêmes droits système que Gemini. Cette mesure modifierait durablement la façon dont les Européens interagissent avec l’intelligence artificielle sur mobile.


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